La sécheresse vaginale fait partie des nombreux symptômes courants de la ménopause. Elle se caractérise par des sensations d’inconfort intime, parfois accompagnées d’irritations, de démangeaisons, ou encore de douleurs pendant les rapports sexuels. Ce changement peut avoir un impact sur l’estime de soi, l’image corporelle, et affecter la libido.

Explorez les causes de la sécheresse vaginale durant la ménopause et découvrez des solutions efficaces pour retrouver votre confort.

Repères médicaux rapides à connaître

La ménopause est une phase de transition chez la femme, qui marque l’arrêt des règles et la fin de la période de fertilité. Elle est généralement confirmée aux alentours de 45 à 55 ans, à partir de 12 mois d’aménorrhée.

Souvent, les femmes ménopausées ou en période de périménopause décrivent certains symptômes reconnaissables, permettant d’effectuer un diagnostic clinique avant de faire un bilan hormonal (non obligatoire). Parmi ces troubles, on retrouve par exemple les bouffées de chaleur, l’irritabilité, les sueurs nocturnes, les douleurs articulaires, la perte de cheveux, et des sécheresses au niveau de la peau et des muqueuses.

La sécheresse vaginale est déclenchée par le déclin hormonal qui se produit à la ménopause. Les muqueuses du vagin peuvent alors perdre en élasticité et en humidité, notamment suite à la chute brutale d’oestrogènes. La vagin devient plus sensible aux irritations et infections. L’inconfort vaginal est également en lien avec les changements de pH, altérant l’écosystème complexe du microbiote vaginal : les bactéries en charge de maintenir l’équilibre acido-basique du vagin, contribuant à la santé des muqueuses et à la protection du vagin.

À RETENIR

Il est fréquent de ressentir des inconforts intimes à la ménopause : irritations, infections, sécheresses… Les troubles, leur durée et leur intensité varient en fonction des femmes et ne sont pas une généralité. Il est important de noter que même si ces changements sont principalement liés aux chutes d’oestrogènes, altérant la lubrification naturelle des muqueuses, ainsi que le pH du vagin, il faut tout de même consulter un médecin en cas d’infections répétées et de douleurs trop intenses.

Sources :
À la ménopause, le corps change. C Charlap – Idées reçues, 2022 – sas.cairn.info. Voir
La ménopause : l’heure des turbulences hormonales. Minou Azoulai et Kevin Hiridjee (03-04-2025). Voir
Menopause, Joann V.Pinkerton, MD, University of Vagina Health System. Le Manuel MSD. Voir

Définition et diagnostic (clinique)

Certains signes très reconnaissables et associés à la ménopause permettent d’effectuer un diagnostic clinique, pour confirmer le début de cette phase de transition hormonale.

On parle de ménopause installée lorsque les règles s’arrêtent pendant 12 mois consécutifs. Souvent, cette période est précédée par une phase de périménopause, accompagnée de dysfonctionnements qui doivent mettre la puce à l’oreille : les cycles deviennent de plus en plus irréguliers et certains troubles apparaissent (bouffées de chaleurs, insomnies, changements d’humeur…).

La ménopause étant une phase de transition complexe, des tests et bilans hormonaux peuvent être nécessaires pour confirmer le diagnostic. Cela dépend des femmes et de leurs symptômes. Le plus souvent, ces examens sont effectués pour détecter un problème sous-jacent, ou pour éventuellement prescrire un traitement hormonal de substitution, en cas de symptômes trop développés.

Pourquoi la sécheresse augmente-t-elle la ménopause?

Au moment de la ménopause, des sécheresses peuvent apparaître au niveau de la peau et des muqueuses vaginales. Elles sont en grande partie liées au déficit d’oestrogènes, qui rendent les muqueuses plus fines et sèches et modifient l’équilibre du pH.

Ces changements ont des conséquences et des implications uro-génitales : la santé des tissus vaginaux est altérée, la lubrification naturelle est diminuée, et des sensations d’inconforts peuvent alors se déclencher.

Au-délà de l’inconfort physique, la sécheresse vaginale à la ménopause peut impacter le quotidien des femmes, leur rapport avec leur corps, leur confiance en elle ou encore la qualité des rapports sexuels, et une perte de libido. C’est un symptôme à prendre au sérieux, car il peut être à l’origine d’une diminution de la qualité de vie dans sa globalité, mais aussi de troubles anxieux ou dépressifs.

À RETENIR

  • Sécheresse vaginale à la ménopause = déficit d’oestrogènes
  • Implications uro-génitales = sécheresses, inconforts, infections…
  • Altération de la lubrification naturelle des muqueuses = douleurs lors des rapports sexuels, perte de libido, troubles anxieux…

Sécheresse vaginale : causes et symptômes à connaître

La sécheresse vaginale à la ménopause se manifeste par des mécanismes biologiques, accompagnés de signes et retentissements bien reconnaissables. Les régions vaginales et pelviennes étant impactées, les inconforts peuvent toucher les canaux internes (vagin, voies urinaires….) mais aussi externes (irritation de la vulve, picotements, démangeaisons…).

Il faut bien distinguer sécheresse, lubrification et douleur. Trois signes à prendre en compte et à traiter s’il persistent et deviennent trop dérangeants.

Mécanismes biologiques (muqueuse, pH, microbiote)

De nombreux mécanismes biologiques naturels agissent pour le bon fonctionnement des fonctions du vagin. Le microbiote vaginal regroupe l’ensemble des microorganismes (bactéries, champignons et levures) présents à l’intérieur du vagin. Ils sont bénéfiques, contribuent à son équilibre global et jouent un rôle important dans la santé vaginale.

Les bactéries lactobacilles contenues en grande quantité dans le microbiote vaginal aident à maintenir un pH acide : cet environnement est essentiel pour empêcher la prolifération d’autres bactéries potentiellement pathogènes, à l’origine d’infections ou de vaginoses.

En cas de déséquilibre du microbiote vaginal, des symptômes peuvent apparaître : odeur inhabituelle, démangeaisons, irritations, inflammation du vagin, brûlures vaginales ou encore pertes vaginales anormales. Ce phénomène peut être accentué par plusieurs facteurs, comme les antibiotiques, les contraceptifs hormonaux, les douches vaginales trop fréquentes, les relations sexuelles ou encore les changements hormonaux.

Source : Health Data Hub, étude des profils du microbiote vaginal au cours de la vaginose bactérienne. Voir

Signes et retentissements (douleurs, infections, qualité de vie)

Les déséquilibres du microbiote vaginal, les modifications de pH et l’affinement des muqueuses vaginales ont plusieurs conséquences. Ces signes sont à l’origine de dyspareunies (douleurs superficielles au niveau du vagin et/ou de la vulve), de brûlures ou encore de démangeaisons. D’autres manifestations peuvent se produire : les femmes sont parfois plus sensibles aux infections urinaires et à d’autres pathologies associées.

Tous ces retentissements sont liés en grande partie à la baisse d’oestrogènes, qui produit des modifications locales (vagin moins élastique, muqueuses plus fines, lubrification naturelle amoindrie) et qui provoque ces symptômes.

La sécheresse vaginale peut impacter le quotidien de façon négative : gênes, baisse de la libido, perte de confiance en soi…

Hydratants vaginaux VS lubrifiants : bien choisir

Il existe plusieurs solutions qui peuvent aider à la lubrification du vagin, pour le quotidien ou pour faciliter les rapports sexuels. Il est important de discuter des symptômes avec un professionnel de santé, pour connaître toutes les options et trouver celle qui convient le mieux en fonction des besoins et de la situation.

Hydratants vaginaux (usage régulier)

Les hydratants vaginaux peuvent aider à limiter la sécheresse vaginale et les inconforts quotidiens. Il peut s’agir de gels lavants au pH adapté, ou de crèmes à utiliser en application locale. On retrouve sur le marché de multiples produits, notamment à base d’acide hyaluronique ou d’aloe vera, des actifs reconnus comme hydratants et apaisants.

Considérés comme des lubrifiants à action prolongée, les hydratants vaginaux ont pour rôle de réhydrater les muqueuses sèches, pour mieux gérer la sécheresse vaginale chronique. Généralement, les effets de ces crèmes peuvent durer plusieurs jours.

Lubrifiants (à la demande)

Les lubrifiants sont quant-à-eux plutôt recommandés pour une hydratation à court terme. Ils peuvent être utilisés avant les rapports sexuels, en application sur la vulve, le vagin ou le pénis du partenaire, pour améliorer le confort et diminuer les douleurs liées aux sécheresses.

La durée d’action des lubrifiants est limitée. En effet, ces produits à base d’eau et de silicone sont conçus pour imiter la lubrification naturelle du vagin, mais ne contribuent pas à maintenir une hydratation prolongée.

Information importante à noter : les lubrifiants à base d’eau et de silicone sont compatibles avec les préservatifs, contrairement à ceux à base d’huiles qui peuvent les endommager, et donc altérer leur efficacité.

Comment choisir selon la situation

Le choix du produit adapté dépend de la situation, des sensibilités, des préférences, et du type de sécheresse : sécheresse chronique ou occasionnelle.

En résumé, chaque produit possède sa propre utilisation :

  • Les hydratants vaginaux sont conseillés en cas de déshydratation, pour une utilisation quotidienne;
  • Les lubrifiants sont plutôt adaptés aux sécheresses intimes liées à une lubrification insuffisante pendant les rapports sexuels.

 

PRODUIT  USAGE  DURÉE  PRÉCAUTIONS 
HYDRATANT  Quotidien  Plusieurs jours d’hydratation  Choisir un produit adapté, compatible avec le pH du vagin pour éviter les irritations 
LUBRIFIANT  Ponctuel  Le temps d’un rapport sexuel  Choisir un produit à base d’eau ou de silicone. Attention aux lubrifiants contenant de l’huile, non compatible avec les préservatifs

Options médicales à discuter avec votre professionnels de santé

Les hydratants et lubrifiants restent des solutions locales superficielles, convenant aux sécheresses intimes légères. D’autres options médicales peuvent être envisagées avec un professionnel de santé si les symptômes persistent, et sont accompagnées de douleurs, infections fréquentes, brûlures lors de la miction ou des rapports sexuels…

Oestrogènes vaginaux (crème, ovules, anneaux)

En cas de troubles de la ménopause sévères, le médecin peut prescrire des traitements hormonaux de substitution. Conçus pour imiter les fonctions des hormones sexuelles, ils sont destinés à compenser leur chute dans les taux sanguins, pour réduire les effets néfastes de cette diminution.

Les oestrogènes vaginaux font partie des traitements hormonaux souvent prescrits à la ménopause pour maintenir le taux d’oestrogènes à la normale, et donc prolonger la lubrification naturelle des muqueuses et éviter la sécheresse vaginale.

Ils peuvent se présenter sous forme de crèmes, d’ovules ou encore d’anneaux, et possèdent une efficacité locale. L’ oestrogénothérapie joue un rôle crucial dans le traitement des troubles génito-urinaires : ils possèdent une action ciblée sur les tissus concernés, limitant l’exposition systémique et réduisant les risques associés.

Ces traitements, dont la posologie et l’utilisation varie en fonction des besoins des patientes, sont particulièrement bénéfiques pour soulager la sécheresse vaginale, les douleurs pendant les rapports sexuels, ou encore pour réduire les infections urinaires récurrentes. Ils favorisent la lubrification et l’élasticité des tissus vaginaux, et renforcent la barrière de protection ainsi que le microbiote vaginal, réduisant le risque d’infections.

Autres options ciblées (selon avis spécialisé)

Si aucun de ces traitements ne fonctionne, d’autres solutions sont possibles, selon un avis spécialisé uniquement.

Le traitement par DHEA est administré après la ménopause, pour modifier les taux hormonaux et agir sur plusieurs systèmes métaboliques, contribuant à l’équilibre global chez la femme à l’arrêt des cycles menstruels. Les DHEA administrés par voie vaginale donnent de bons résultats en cas de dyspareunie liée à une atrophie vaginale. Ils favorisent la libido et le bien-être global, et ont des bénéfices sur le squelette, et des effets de neuro-protection.

Les différentes études concernant ce type de traitement démontrent des résultats variables. Il faut donc noter qu’il s’agit de décisions prises par le médecin, au cas par cas, selon les besoins et les préoccupations de chaque femme.

Mesures complémentaires et hygiène de vie

Au quotidien, il est possible de réduire les sécheresse vaginales grâce à des astuces simples à mettre en place : utiliser des soins adaptés, garder une activité physique régulière, réduire le stress…

Les habitudes qui aident

Comme vu précédemment, le vagin est une zone fragile qui doit être maintenue au bon pH pour éviter d’altérer le microbiote et donc d’être exposé aux risques d’infections. Pour cela, il est important de choisir un soin doux adapté et d’éviter les irritants comme les savons avec parfum par exemple.

Afin de réduire les inconforts intimes, il est également conseillé de garder une activité physique régulière, et de contrôler son sommeil et son stress, pour limiter les troubles de l’humeur associés.

Concernant les rapports intimes, ne pas forcer, et privilégier le confort grâce à l’utilisation de lubrifiants.

Du côté des compléments et plantes

La phytothérapie peut être efficace pour favoriser le confort intime et réduire la sécheresse vaginale. Cependant, cela reste des solutions avec des preuves hétérogènes, nécessitant un avis médical préalable, pour éviter les risques d’interactions avec certains traitements.

Douleur aux rapports (dyspareunie) et sécheresse

La sécheresse vaginale rend les rapports sexuels plus difficiles et parfois douloureux. Les couples doivent s’adapter à la situation, et trouver des solutions simples pour favoriser la lubrification et ainsi retrouver confort et plaisir.

Adapter progressivement, écouter la douleur

Dès l’apparition des premiers symptômes, douleurs et inconforts, il est important d’adapter sa sexualité et d’écouter son corps. Ne pas forcer et arrêter immédiatement si les symptômes sont trop douloureux, afin d’éviter de provoquer encore plus d’irritations. L’utilisation de lubrifiants peut être une solution ponctuelle efficace.

La sécheresse vaginale peut être un trouble difficile à vivre, mais il faut en parler à son partenaire et/ou à un professionnel de santé pour pouvoir l’accepter et vivre avec.

Vers qui se tourner

En fonction des symptômes ressentis, certains professionnels de santé peuvent donner des conseils et agir. Plusieurs spécialités sont recommandées, selon le type de besoin, la durée et la fréquence des troubles de sécheresse vaginale.

  • Le gynécologue peut effectuer un diagnostic précis en cas de sécheresse vaginale pendant la ménopause. Il peut donner des traitements adaptés, ou des astuces pour réduire les inconforts physiques;
  • Le sexologue traite plutôt les troubles psychologiques liés à l’inconfort vaginal. Il aide les personnes seules ou les couples à mieux gérer leur sexualité en prenant en compte les divers changements et étapes qui peuvent impacter la libido, notamment à la ménopause;
  • Le Kiné quant-à-lui peut pratiquer une rééducation du périnée si les symptômes persistent. Ces séances sont efficaces pour atténuer les troubles liés au vieillissement musculaire et ligamentaire associé à la ménopause, pouvant entraîner des troubles de l’incontinence et des douleurs pendant les rapports sexuels.

Sécheresse vaginale : quand consulter (et urgences)

SÉCURITÉ

  • Symptômes persistants
  • Saignements
  • Douleurs inhabituelles associées
  • Infections urinaires récidivantes

Signes qui imposent un avis médical

À la ménopause, certains signes peuvent alerter, et imposer un avis médical. C’est le cas si des saignements apparaissent après 12 mois d’arrêt des règles, de douleurs pelviennes persistantes, de pertes anormales, ou encore d’infections urinaires fréquentes.

Urgences

Si ces signes sont accompagnés de douleurs thoraciques, de dyspnée, de déficit neurologique, de céphalée brutale ou encore de syncope, il faut immédiatement consulter en urgence.

Risques, contre-indications et interactions

SÉCURITÉ

Certaines situations et profils à risque sont à surveiller :

  • Cancers hormono-dépendants
  • Pathologies hépatiques
  • Traitements médicamenteux en cours

FAQ - Sécheresse vaginale à la ménopause

Oestrogènes vaginaux : sont-ils efficaces et sûrs à la ménopause?

Les oestrogènes vaginaux peuvent être prescrits pour compenser le déficit hormonal et diminuer certains symptômes comme la sécheresse intime. Leur administration doit être contrôlée par un médecin.

Hydratant vaginal ou lubrifiant : comment choisir?

En cas de sécheresse intime chronique, inconfortables au quotidien, l’hydratant vaginal est recommandé car il réactive l’hydratation naturelle du vagin sur plusieurs jours. Au contraire, si la sécheresse vaginale est ponctuelle, on conseille des lubrifiants à utiliser pendant les rapports sexuels pour fluidifier et réduire les douleurs.

La sécheresse vaginale favorise-t-elle les infections urinaires?

Oui, la sécheresse vaginale peut favoriser le risque d’infections urinaires, car l’équilibre de la flore vaginale est altéré, ce qui accentue la prolifération de mauvaises bactéries.

Quand consulter pour une sécheresse vaginale à la ménopause?

Une consultation médicale est conseillée si la sécheresse vaginale est accompagnée de douleurs intenses, et d’autres symptômes : saignements, pertes anormales, infections urinaires fréquentes…

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Sources :
Ménopause, Vidal Recos, 07/2023. Voir
Ménopause, Par JoAnn V. Pinkerton, MD, University of Virginia Health System
Reviewed By Oluwatosin Goje, MD, MSCR, Cleveland Clinic, Lerner College of Medicine of Case Western Reserve University. Voir
Effets du vieillissement sur l’appareil génital féminin, Par Jessica E. McLaughlin, MD, Medical University of South Carolina
Révisé par Oluwatosin Goje, MD, MSCR, Cleveland Clinic, Lerner College of Medicine of Case Western Reserve University. Vérifié/Révisé mai 2025 | Modifié juil. 2025. Voir